# SociétiX

Afghane

9 octobre 2021

Ma compagne m’a dit une fois, on sent de la colère en toi. Pourquoi cette colère ?

Pourquoi cette colère, ma chérie ? Pourquoi cette colère, dis-tu ? Mais comment ne pas être en colère ? Toi aussi tu devrais être en colère, ai-je envie de lui répondre. C’est vrai, il y a tellement de raisons d’être en colère.

Cette semaine, Joe Biden confiait à la presse ne pas regretter un instant le désengagement des troupes américaines en Afghanistan. On nous vendait le pire avec Trump et le meilleur avec Biden, qu’est-ce qu’on a ? On a une trahison des Américains et du monde occidental de manière générale, auprès de tous ceux qui avaient espoir que les choses changent un jour pour le mieux en Afghanistan, en particulier les jeunes femmes, qui depuis une vingtaine d’année ont pu commencer à aller à l’école en espérant un avenir meilleur que celui de mère porteuse enfermée sous une burqa. Et voilà que tout s’écroule, les Talibans sont de retour et l’avenir des femmes dans ce pays s’assombrit comme nulle part ailleurs peut-être. Et Joe Biden n’a aucun regret !

Portraits, Steve McCurry, Phaidon, 2013

Aujourd’hui, France Inter organisait une journée spéciale pour soutenir les femmes afghanes, une initiative largement relayée. Les témoignages se multiplient, comme celui de Zarafshan, 21 ans, qui a fui Kaboul il y a deux ans déjà car son compagnon y était menacé de mort. Les femmes ne peuvent tout simplement plus rien faire, confit-elle. Les Talibans leurs interdisent de sortir seule, de conduire ou d’aller à l’école. Beaucoup sont victimes de viols et toutes les femmes qui avaient un rôle actif dans la société civile précédente (policières, juges, journalistes, femmes politiques, fonctionnaires, institutrices…) ont dû fuir pour ne pas être emprisonnées ou exécutées. On voir d’ailleurs circuler sur internet des vidéos atroces qui semblent sorties d’un autre âge, le moyen âge au minimum, où on brûlait les « sorcières », où celui, plus récent, où on pendait des femmes prétendument adultères à un crochet suspendu par une grue au milieu d’un stade de foot.

Alors oui je suis en colère, et je crains de le rester toute ma vie, en spectateur passif de la folie du monde que je suis. Et ce n’est pas une posture bobo du mâle nouveau 2.0, car pour moi il n’y a pas le droit des femmes d’un côté et le droit des hommes de l’autre. Il y a le droit de l’être humain, quel que soit son genre, sa couleur de peau, sa nationalité, sa religion, son orientation sexuelle, son statut social. Il y a le combat contre les obscurantismes et pour la liberté.

C’est pourquoi, je revendique le droit d’être en colère.

Les femmes en Afghanistan en quelques chiffres

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