# CinémiX

Cinéphile

18 septembre 2021

Tel Obélix, le cinéma, je suis tombé dedans quand j’étais tout petit. Mais pas à la manière dont on aurait imaginé pour un gamin haut comme tchi pommes, comme disait mon grand-père. Je devais avoir quelque chose comme quatre ou cinq ans et mon père propose de m’emmener voir le dernier Disney, Rox et Rouky, ou l’histoire d’un jeune renard orphelin qui est recueilli par une brave fermière, la veuve Tartine, et qui se liera d’amitié avec le chien, Rouky. Un Disney quoi !

Nous nous installons bien confortablement. Je suis heureux, c’est la première fois que je vais au cinéma. Le film commence. Cela se passe en Afrique, on y voit un policier grognon, un peu lâche et un peu vicieux aussi, dont tout le monde se moque et qui va organiser sa vengeance. Au bout d’un petit quart d’heure, je dis à mon père : « C’est ça Rox et Rouky ? ». Il me répond : » Non, ça doit être juste un extrait ». Nous attendons cinq minutes de plus et l’extrait se prolonge bizarrement. Mon père, s’apercevant de la méprise, me dit finalement, viens on sort, on a dû se tromper de salle. Et pour cause ! Nous étions dans celle où était diffusé Coup de Torchon, de Bertrand Tarvernier. Et il était trop tard pour voir Rox et Rouky qui avait déjà commencé. Nous sommes rentrés à la maison dépités et revenus le lendemain, en faisant bien attention d’aller dans la bonne salle.

Eddy Mitchell avait animé La Dernière Séance dans les années 80, moi je me souviens bien de ma première séance. J’aurais pu tomber pire, vous me direz. Bertrand Tavernier, Philippe Noiret, Isabelle Huppert, Jean-Pierre Marielle, Stéphane Audran et Eddy Mitchell bien sûr, que du beau linge !

Mon père s’est rattrapé par la suite en m’emmenant, parfois avec ma cousine Alex, mon alterego cinoche, voir des chefs d’oeuvre comme E.T. ou Le Retour du Jedï. Donc Papa, si tu lis ces lignes un jour, sache que je ne t’en veux pas pour cette erreur initiale de salle. Peut-être même que cela a déclenché chez moi une sorte de coup de foudre à l’envers, une sorte de choc des cultures, moi, mes cinq ans, et mon univers de princes, de princesses et de gentils animaux d’un côté, de l’autre Coup de Torchon, où ça parlait cul, il y avait une certaine forme de contraste. Ainsi suis-je devenu cinéphile. Pas un cinéphile intello, fan de Godard et de la nouvelle vague qui lit les cahiers du cinéma, non, plutôt un cinéphile populaire, fan de Lucas, Spielberg mais aussi Oury, De Broca, Lelouche.

Dans mon panthéon cinématographique, on trouve donc des films aussi variés que la saga Star Wars (la première trilogie, pas les suivantes, vous excuserez ce petit côté réac), E.T., Top Gun, Danse avec les loups, La Liste de Schindler, La Grande Evasion, La Grande Vadrouille, Le Corniaud, Ne le dis à personne, Je vais bien, ne t’en fais pas, Le fils de Saul… il y en a des plus récents bien sûr mais surtout il y en a tant que j’y passerai des heures et des lignes, sans intérêt.

J’ai des réalisateurs fétiches : Klapish, Audiard, Spielberg, Nakash et Toledano, Guy Ritchie…, des acteurs fétiches : Liam Nielsen, Hugh Grant, Matthew Mc Conaughey (faut s’accrocher pour ne pas faire de faute d’orthographe en écrivant son nom à celui-là), Bradley Cooper, Brad Pitt, Romain Duris, Vincent Elbaz, Pio Marmaï… j’ai d’ailleurs une anecdote rigolote avec Pio Marmaï. Je passais devant la gare par hasard et je vois un vieux pote de basket sortir aux côtés de Pio Marmaï. Je me dis, dingue ! Je fonce direct sur Pio, lui serre la paluche, qu’il a fort grosse d’ailleurs – la paluche hein 😉 je vous vois venir bande de vicelards – et lui dis : » Salut, je suis un pote de Jérôme !  » « Jérôme ? » qu’il me répond avec des yeux mi surpris, mi l’air de dire qu’est-ce qu’il me veut ce con ? Eh bien oui, Jérôme, je me retourne, je cherche Jérôme, plus de Jérôme ! Envolé le Jérôme. Ils devaient simplement être à côté en sortant de la gare, sans se connaître. Je le comprends instantanément tout en continuant de serrer la main de cet ours mal léché de Pio – vous connaissez l’expression, ne jamais vendre la pio de l’ours… désolé, elle est minable ! Bref, je continue d’agiter sa paluche en me disant, sors lui un truc intelligent putain ! sinon il va te prendre pour un débile. Et là, le seul truc qui m’est venu à l’esprit, un truc de cinéphile klapishien, c’est  » Vous étiez super dans Ce qui nous lie, le dernier Klapish ! » Pio hésite entre me foutre une mandale dans la gueule et s’en aller en me laissant là comme une merde et dis, détachant bien les mots : « Ce qui nous lie », puis « Klapish ». Nous en sommes restés là. Il s’est en allé et m’a planté là, comme une merde. Mais j’étais content, j’avais serré la louche de Pio Marmaï, la classe – eh oui j’ai aussi un côté midinette qui crie Patriiiiick quand elle va à un concert de Patrick Bruel, un acteur de j’adore par ailleurs, notamment dans Profs, La Maison Assassinée ou L’Union Sacrée.

J’ai bien sûr aussi mes actrices fétiches : Jodie Foster, Frances McDormand, Audrey Dana, Mélanie Laurent, Fanny Ardent et celles sur qui j’ai fantasmé : Andy McDowell (pour la scène des ex- dans Quatre Mariages), Kim Bassinger (9 semaines et demi), Kelly McGillis (Top Gun), Christine Scott-Thomas (Quatre Mariages, again).

Je viens de citer Quatre Mariages deux fois et je pourrais même citer tout le casting presque de tête, tant je suis fan de ce film et de tous ceux produits par la maison de production Working Title : Billy Eliott, Bridget Jones, Love Actually, Fargo et bien sûr Quatre mariages et un enterrement. J’ai vécu deux ans en Angleterre, dont un an à Manchester et un an à Londres, et dès que je me replonge dans cette ambiance « so british », je fonds. La nostalgie, sans doute.

J’aime aussi les dessins animés, tous les Disney de mon enfance, bien que je ne supporte plus les chansons toutes les deux minutes et déteste les dernières soupes qu’ils nous ont servies, La reine des neiges 2 en particulier, au secours, non mais au secours là ! Je préfère cent fois les Pixar (Toy Story, Cars, etc.) ou les Illumination (Moi, moche et méchant, Les Mignons) aujourd’hui.

En bon cinéphile débile, j’ai des tocs, moi j’appelle ça mes listes anti-alzeihmer. Je suis par exemple capable de vous citer de tête et sans tricher les 8 actrices du film 8 femmes de Ozon, de la plus âgée – elle est morte depuis, RIP Danièle – à la plus jeune, Ludivine Sagnier pour ne pas la citer. Je suis aussi capable de vous citer les 8 acteurs qui ont interprété le rôle de James Bond au cinéma, de Sean Connery à Daniel Craig ou encore les 8 acteurs du film Le Grand Bain, de Gilles Lelouch, y compris l’Indien que personne ne connaît, même pas Gilles Lelouch lui-même, et qui s’appelle Balasingham Thamilchelvan (plus dur encore à écrire que Matthew McConaughey). Je pense donc mériter mon titre de cinéphile, vous avouerez.

Et pour cette rentrée, je suis gâté. J’ai joué une bonne partie de mon adolescence au jeu de plateau Dune. Alors quand j’ai su que Denis Villeneuve s’attaquait une nouvelle fois à ce monument et que ça sortait en septembre, j’ai dit cooooooool !!!! J’ai donc hâte d’y aller et surtout d’y emmener mes enfants.

J’aime le cinéma car le cinéma, c’est ce mélange d’émotion et d’immersion que rien ne peut égaler. La joie, le rire, la détente, avec un bon dessin animé quand on était môme ou un film avec De Funès et Bourvil ou des Inconnus ou Les Nuls. La peur, l’angoisse, en regardant L’exorciste, Seven ou Le silence des agneaux, l’excitation, l’action, sur l’épaule de Matt Damon dans la trilogie Jason Bourne, le suspens d’un Usual Suspect, l’évasion spatio-temporelle dans Interstellar, la compression de la poitrine en regardant Le fils de Saul ou un film de Jacques Audiard. Quand vous sortez d’une séance comme ça, vous avez le sentiment d’avoir vécu quelque chose. Alors, pour finir ce petit billet très personnel, je crierai, en éternel amoureux de cet art majeur, tel Tarantino au festival de Cannes :

Vive le cinéma !

Vous souhaitez intéragir ? Écrivez un commentaire !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  • CAC, boum, hue
    # EconomiX

    CAC, boum, hue

    10 mars 2021
    Julia Cagé nous rappelle dans son livre Libres et égaux en voix, l'importance d'avoir des médias indépendants du pouvoir politique et économique. Tu m'étonnes ! Car ce n'est pas dans le Figaro, détenu par Dassault, ...
    Lire la suite
  • Anatomie d’un succès
    # CinémiX

    Anatomie d’un succès

    25 février 2024
    Cette année, il y avait du lourd à la cérémonie des César. Quand je dis lourd, je ne parle pas de la notoriété des actrices et acteurs présents dans la salle, tirés à quatre épingles, tendus comme un string mais ...
    Lire la suite