
Dinguerie
Généralement, je ne suis pas fan de ce genre de cérémonies protocolaires et malgré tout assez grandiloquentes. Je ne les regarde presque jamais en fait. Mais là, c’était les JO d’été de Paris, en France, la dernière fois c’était en 1924, c’était il y a un siècle, alors ça valait obligatoirement un coup d’œil et plus si affinité, ne serait-ce que pour voir ce que Thomas Jolly, originaire de ma bonne ville de Caen, avait imaginé, quelques révélations dans la presse ayant déjà alimenté spéculations et polémiques, notamment sur le cas Aya Nakamura, dans un contexte politique pour le moins tendu avec un RN au sommet de sa forme olympique. Alors, je me suis positionné dans mon fauteuil préféré, dans les starting blocks, comme des millions de gens à travers la planète, plus d’un milliard même paraît-il, pas une mince affaire tout de même, ces JO !
A vos marques, prêt, partez ! Quatre heures de spectacle plus tard, j’étais toujours dans mon fauteuil, les yeux grand ouverts d’en avoir pris plein les mirettes, les joues rouges d’avoir pris claque sur claque. Un truc de fou. Ce que j’ai vu, comme disent les jeunes aujourd’hui, était en effet une véritable dinguerie.
Dinguerie parce qu’il fallait oser. Oser faire sortir Aya Nakamura de l’Académie française pour terminer au milieu d’une garde républicaine qui se meut avec un petit déhanché qui va bien, façon Meute. Oser transformer Philippe Catherine en espèce de Schtroumpf bleu dionysien entouré d’apôtres queer et bigarrés, une sorte de Cène revisitée bien que Thomas Jolly s’en défend. L’extrême droite, Jean-Luc Mélenchon et les représentants de l’église Catholique en France se sont dit choqués. Tant mieux ! Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? Il ne vous plaît pas notre fifi national qui allume et remet le son ? Où est-ce le côté cabaret montmartresque qui gène votre cène ? Oser démarrer avec Jamel et Zidane et terminer avec Marie-Jo et Teddy, quatre figures d’une France toute en couleurs. Oser faire défiler les athlètes sur des péniches, 85 pour être précis, à un rythme parfaitement cadencé malgré les aléas du fleuve et de la météo.
Dinguerie aussi pour les moments de grâce que ce metteur en Seine de génie nous a offerts. Je pense à la mezzo soprano Axelle Saint-Cirel entonnant la Marseillaise sur le toit du Grand Palais et sous le déluge, au cheval d’argent qui fend le fleuve en direction du Trocadéro, à Juliette Armanet qui chante Lennon accompagnée de Sofiane Pamart et son piano en feu, à la Tour Eiffel illuminée de mille feux et rayons laser, à Céline Dion revenue parmi les vivants pour chanter un Hymne à l’amour incandescent et bien sûr à la flamme olympique élevée dans le ciel par une Montgolfière s’élevant au-dessus du Jardin des Tuileries. Rien que d’y repenser, j’ai les poils de mes bras qui se redressent et mon épine dorsale qui m’envoie quelques micro flots d’adrénaline. Pour cela et pour le reste, merci mille fois Thomas, Jolly travail !
Quant à la pluie, eh bien quoi la pluie ? La devise de la ville de Paris n’est-elle pas Fluctuat nec mergitur, secouée par les flots mais ne sombre pas ? Alors qu’à cela ne tienne, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige même, si cela sied aux dieux de l’Olympe en ces temps de bouleversement climatique. En tout cas, je crois que cette maxime n’a jamais été aussi bien à propos, à part peut-être lors de la première cérémonie du 14 juillet de François Hollande après son élection présidentielle. Jamais président n’avait autant pris l’eau. A un moment de la cérémonie des JO, je me suis même demandé si François n’y avait pas mis sa patte à la mise en scène, lui qui vient de se faire réélire député de Corrèze. Mais bon, laissons là la politique, ce sera pour après les JO. Profitons de cette parenthèse sportive de deux semaines pour penser à autre chose qu’à notre chienlit nationale, profitons des exploits qui vont être réalisés et aux émotions que cela va nous procurer, 32 sports, 50 disciplines, avec des nouveautés comme le breaking, l’escalade, le skate et le surf, des centaines d’épreuves, d’athlètes, de médailles et de larmes, certaines de déception amère et d’autres de joie intense. On s’attend tout particulièrement à ce que notre marchand de médailles de la natation fasse une récolte sans précédent, ce qui ne fait plus aucun doute car au moment où j’écris ce billet, celui-ci a déjà remporté le 400 mètres quatre nages avec un demi-bassin d’avance sur ses poursuivants, du jamais vu au royaume de Poseidon. Cela promet ! Une dinguerie de plus.
L’ouverture des ces JO de Paris 2024 était une vraie dinguerie et j’ai kiffé grave.
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